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A PROPOS DU TIBET  - Dossier
05 JUI
2007
Tibet
Vous l’aurez certainement compris en parcourant nos billets, le Tibet fascine la NooTeam et, en cette semaine « spécial Alexandra David Néel », nous ne pouvions pas rater l’occasion de vous présenter plus généralement ce territoire lointain et fascinant.

Le Tibet, qui n’est plus un pays à part entière depuis son invasion par la Chine en 1949, a longtemps été méconnu. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui pensent qu’il serait certainement encore ignoré si le gouvernement de Mao ne l’avait envahit. Ce n’est qu’au cours du 20ième siècle, et au grès des récits d’explorateurs comme Alexandra David Néel, que ces 350 000km², représentés jusqu’alors par une tache blanche sur les cartes et mappemondes ont été matérialisés. Quand on parle du Tibet, aujourd'hui, c'est souvent de la Région Autonome du Tibet (TAR), c'est dans cette région administrative de la Chine - qui couvre la moitié du territoire du Tibet historique - que se trouve Lhassa, capitale historique du royaume du Tibet.



Le Tibet est un pays pauvre et globalement peu développé. Malgré 70% d’illettrisme, une mortalité infantile élevée et une espérance de vie n’excédant pas 45 ans, le pays dispose d’une culture et d'une spiritualité exceptionnelle. De plus, le « toit du monde » est aussi une des réserves naturelles les plus précieuses de notre bonne vieille Terre : en effet, grâce à la philosophie bouddhiste, la faune et la flore ont été particulièrement préservées au cours des siècles.



Justement, comment parler du Tibet sans mentionner le Bouddhisme? Cette religion d’origine indienne tient (enfin, tenait surtout jusqu’en 1949) une place prépondérante dans la vie du pays. Preuve en est le rôle central et ancestral du Dalaï Lama. Celui-ci est à la fois le chef du gouvernement et la plus haute dignité religieuse du pays. Contrairement aux autres religions, ce titre suprême ne se transmet pas. Depuis 450 ans, chaque Dalaï Lama est en fait la réincarnation de son prédécesseur et celui-ci est « trouvé » par le Panchen Lama (deuxième autorité religieuse après le Dalaï Lama). De son véritable nom Tenzin Gyatso, le Dalaï Lama actuel est la 14 ème réincarnation.

Le dernier Panchen Lama, désigné par le Dalaï Lama, a été enlevé par les autorités chinoises en 1995, à l'age de 6 ans, il n'a pas été libéré depuis lors.

Cette religion/philosophie dont les principes fondamentaux sont compassion et amour de tous, s’appuie sur la croyance que tout être vivant est inscrit dans un cycle de renaissance. La durée de ce cycle est fonction des actions accomplies dans l’existence de l’individu. Il prend fin lorsque l’être accède au Nirvana, c'est-à-dire, en quelques sortes, lorsque l’individu s’est débarrassé de tous ses travers par son travail sur lui même et est devenu « parfait ».

C’est certainement cette quête de paix, mais également la crainte pour sa vie qui a conduit le Dalaï Lama à quitter les siens et son pays après avoir « subit » la cohabitation avec la Chine pendant près de 10 ans. Il a choisi pour cet exil forcé Dharamsala, une ville du nord de l’Inde, où de nombreux tibétains l’ont suivi.

Il est difficile de connaître le sors réservé aux tibétains restés dans leur pays, même si le pire est souvent soupçonné. Bien entendu, le flou est entretenu entre les « rumeurs » de discrimination raciale, de génocide culturel et religieux et le discours officiel du gouvernement chinois : progrès social, égalité, ouverture au monde… il n’est donc pas simple de déterminer où se trouve la vérité…

D’après certains témoignages, la révolution culturelle aurait conduit, entre autres, à la destruction de 75% des temples bouddhistes et à l’emprisonnement à perpétuité de lamas et nones. Certains temples ont depuis été reconstruits mais très certainement à des fins touristiques…

Le peuple tibétain, d’ordinaire pacifiste, a malgré tout tenté de se révolter à plusieurs reprises (1959, 1987, 1989) mais chacune d'elle s’est achevée dans le sang. On estime qu’un sixième de la population initiale du Tibet (soit plus d’un million de personnes) est décédé depuis le début de l’occupation chinoise en 1949.

Beaucoup dénoncent aussi le saccage opéré par le gouvernement chinois dans cette région restée pure jusqu’alors : déchets, essais nucléaires, exploitations minières disproportionnées, déforestations massives… Ces abus ont déjà des conséquences catastrophiques pour le monde entier. Il faut garder en tête que coulent au Tibet les 6 plus grands fleuves d’Asie. Ces derniers faisant vivre directement ou indirectement 45% de la population mondiale…

Pour des raisons politiques et économiques, les grandes puissances mondiales se sont toujours refusé à intervenir dans ce conflit. Mais malgré cet immobilisme coupable qui dure depuis plusieurs décennies, la communauté internationale a reconnu l’œuvre du Dalaï Lama, en lui attribuant le prix Nobel de la Paix en 1989 pour l’ensemble de son combat pour la cause de son pays et plus globalement pour ses actes et prises de positions pacifistes. Nombreux sont ceux qui ont espéré que ce titre pourrait faire changer les choses mais presque 20 ans plus tard, le ciel semble bien sombre au dessus de Lhassa et de ses montagnes sacrées.

Crédits photos: Drapeau Tibet,

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